Musée

  • Espace Arlaud
  • L'exposition "Pâris 2005" s'est tenue à l'Espace Arlaud de Lausanne en 2005. Elle présentait un faisceau d'oeuvres liées à l'onirisme, dont des peintures aborigènes, ainsi qu'une installation évoquant les derniers instants de liberté du compositeur allemand Franz Gurtner, auteur d'un fameux "Jugement de Pâris"...
L'Espace Arlaud

Musique

  • Cathedrale
  • A la Cathédrale de Lausanne, à quelques mètres de l'Espace Arlaud, le Choeur des Gymnases Lausannois et l'Orchestre de Chambre de Lausanne (OCL) créent le "Jugement de Pâris". Cette partition restaurée par Jean-Claude Bossel, est une oeuvre inachevée de Franz Gurtner, l'un des personnages du scénario de "Parsifal". Elle est au centre de la tragédie qui se noue autour de Franz Gurtner...
La Cathédrale de Lausanne

Contexte

  • Bureau Gurtner
  • Alors que Franz Gurtner termine son "Jugement de Pâris", en 1942 à Münich, la Gestapo fait irruption dans la cave où il travaille à l'abri des regards. Quelques jours après la disparition de sa femme, il est arrêté lui aussi. L'installation de Bernard Novet retrace les circonstances de ce drame...
Récit d'un matin de 1942...

L'installation "Pâris 2005"

Au matin du 4 janvier 1942...

Si l’on sait aujourd'hui que Franz Gurtner a disparu en 1944 à Hambourg dans le bombardement allié qui détruisit la maison de son frère Josef, chez qui il vivait alors -  reclus et anonyme, les circonstances exactes de son arrestation par la Gestapo en janvier 1942 restent plus obscures. Il n’y a en effet pas eu de rapport officiel de police écrit à cette occasion.

Alerté depuis l’avant-veille par Franz, dont la femme Catherine a disparu depuis quelques jours, son frère le pasteur luthérien Josef Gurtner arrive spécialement de Hambourg en train, et découvre le premier les lieux du drame, dans l’état où la police les avait laissés.

 

 Le dessin qu’il en fit plus tard, sur la base de croquis effectués sur place, semble être une fidèle description de ce qu’il y trouva, même si des adaptations postérieures ne sont pas à exclure.

 

 

La "Chambre"...

Le petit local qui sert de bureau à Franz Gurtner, qu'il appelle "La Chambre" dans ses correspondances, est situé à environ 200 mètres de la maison familiale de Franz et Catherine Gurtner-Henriod à Münich, de l'autre coté de la route. Il s'agit d'une cave attenante au cellier du restaurant “Gasthof Obermeier”. Franz y a regroupé ses souvenirs les plus immédiats et de quoi travailler.Bureau de Franz Gurtner En ce début d'hiver 1942, il compose son "Jugement t de Pâris", qu'il ne pourra jamais terminer.

Au matin du 4 janvier 1942, Josef se rend d'abord dans la demeure familiale des Gurtner, puis, l'ayant trouvé innoccupée, se rend dans "La Chambre", qu'il trouve ouverte. Les lieux qu'il découvre alors sont dans l’état présenté ici. Des recherches bien plus tardives, menées par la “Fondation Franz Gurtner” (FFG) dans les années 2000-2004, n'ont pas permis de remettre en doute ou de préciser davantage les écrits et dessins de Josef Gurtner.

PartitionsOn y retrouve notamment son bureau de travail, jonché de textes et de  partitions diverses, des dessins d'artistes amis et, des photos de sa cousine et partenaire artistique Jeanne Baudrier, au milieu d'autres documents éparpillés au sol.

 

La partition du "Jugement de Pâris", elle, ne sera pas découverte avant plus de 50 ans, au domaine de Mont sauveur en Suisse, lors des recherches menées par Caroline Sauthier, de la "Fondation Franz Gurtner" de Genève. Après réhabilitation, la partition fut créée en 2004 au "BFM", le Batiment des Forces Motrices de la ville de  Genève. Depuis, c'est toute l'oeuvre de Gurtner qui est en passe d'être redécouverte par le grand public.

 

Vélo de Gurtner

 

D'après la disposition des lieux et l'ameublement, il semble que Franz ait vécu plusieurs périodes dans sa "chambre", sans se risquer au-dehors, comme à l'abri des regards. Un fourneau et un garde-manger sommaire en attestent. D'autres objets plus usuels et communs s'y trouvaient également : le vieux costume de scène qu'il portait lors de la première de son "Parsifal" en 1939 à Bayreuth, sa bicyclette, une valise avec quelques vêtements, un harmonium, un gramophone et un lit de camp, en fer forgé, éventré. Quelques affaires de peinture.

La documentation importante retrouvée dans les affaires de Franz confirment que celui-ci était resté, malgré son isolement, très attentif à tous les événements survenus dans son pays depuis le début des années trente : coupures de presse et photographies, billets d'entrée à l'exposition sur l"Art dégénéré", etc... La terreur s'est abattue sur l'Allemagne, semblent témoigner ses souvenirs...Bureau et documents

Quelques articles et affichettes artistiques (Fritz Lang, par exemple) suggèrent qu'il se tenait aussi au contact de la création allemande et internationale, et qu'il avait sans doute gardé de solides amitiés dans certains cercles critiques au régime. La meilleure preuve en est le dossier de notes, croquis et partitions retrouvées au fond d'une armoire à double fond, et qui concernaient des projets artistiques sur lesquels il avait travaillé. (cf, par exemple,"Le Portrait de Dorian Gray", voir affichette de 1938, ci-dessous)

Bildniss des Dorian Gray

 

 

 

Dans le cadre de l'installation "Pâris 2005", la reconstitution de la "chambre" de Gurtner (ci-dessous à droite) est entourée de reproductions de photographies.

Parmi celles-ci, une "Kundry" inconnue, oeuvre de Jeanne Baudrier, sa cousine parisienne. Cette "Kundry" fut prise probablement lors du casting du "Parsifal" que Franz Gurtner dirigea en 1939 à Bayreuth. A gauche, une autre photo des archives Gurtner, celle de Marianne Brandt, la "Kundry" originale de 1882 lors de la Première).Chambre Kundry

 

 

 

D'autres visuels intéressants, finalement, furent retrouvés dans la "Chambre", témoignant de l'importante activité créatrice du Franz Gurtner d'avant les années de guerre, ainsi cette affiche du concert de Franz Gurtner donné au Shallow Hall de New York en 1938.  ("Lesbos", d'après le poème de Charles Baudelaire, quatuor à cordes et harpe)

Concert New York

 

 

 

 

L'exposition

Le personnage
Franz Gurtner
Franz Gurtner est né à Münich en 1895, l'année - entre autres - du procès d'Oscar Wilde (cf. "Le Portrait de Dorian Gray")' et de la naissance du cinéma. Fils aîné d'une famille de la bourgeoisie catholique, il épouse la suissesse Catherine Henriod, qui lui donne un fils, Charles. Chef d'orchestre de renom, il est aujourd'hui également considéré comme compositeur, avec à son actif des oeuvres comme "Bijoux", "Lesbos", ou encore "Jugement de Pâris". Lorsqu'il est tué, en 1944, au cours d'un bombardement allié sur Hambourg, il était au travail - d'après certaines sources - sur un opéra inspiré du "Jardin des délices" de Jérôme Bosch. Une partition qui n'a jamais été retrouvée.
Le thème
Le Jugement de Pâris
C'est à l'ombre du mythe original grec, un mythe souvent réinterprété depuis (cf. Picasso ci-dessous), que se tissent les divers éléments artistiques et fictifs qui composent l'exposition. De la création de Didier Mouron ("Jugement de Pâris") à la partition proposée par  Jean-Claude Bossel. L'installation imaginée par Bernard Novet présente quant à elle les circonstances historiques de la création inachevée du "Jugement de Pâris" de Franz Gurtner.

Picasso et son Pâris

"Jugement t de Pâris", ou son appréciation par Picasso "Au bordel, le choix..." (origine inconnue)

De la réalité à la fiction
Jeu de pistes
De la création de Bossel à la composition de Franz Gurtner, "Pâris 2005" glisse de la réalité à la fiction. Une fiction qui déroule son récit, son "histoire", dans le scénario "Parsifal".

 Auteurs
Concepteurs et artistes
"Pâris 2005" est une exposition produite par CDA-Production.  Commissaire d'exposition : Me Caroline Sauthier. Concept original : Jean-Claude Bossel, avec l'aide de Bernard Novet, Didier Mouron, Virginie Morier, Stéphanie Decoulon et la complicité d'Antoine Ruedi.

Photos et dessins présentés sur cette page par Bernard Novet.
 © Exposition : CDA-Production.
Soutiens
Partenaires et sponsors
Un panneau d'introduction à l'exposition présente les divers partenaires.
Pâris - Olivier Piguet dirige
Vernissage de l'exposition : Olivier Piguet dirige le Choeur des Gymnases Lausannois dans les escaliers intérieurs de l'Espace Arlaud.

Pour plus d'informations sur le mythe et sa représentation dans l'histore de l'Art, voir aussi - et surtout - l'ouvrage référence d'Hubert Damisch, : "Le Jugement de Pâris" . (ici, sur Amazon.fr)